mardi 12 juin 2018

Un monde face aux choix

La tendance est facile, il n’y a qu’à se laisser aller, à demeurer hautain, méprisant de ceux qui n’ont rien, cherchant par tous les moyens de leur ôter le peu qui possède, épuisant chaque ressource, sans vergogne, juste pour continuer à dominer, à mimer ce sentiment jouissif de puissance de celui qui a.

De quoi est réellement faite l’autorité ? Cette question anonyme pour tous ceux qui pensent posséder l’autorité, devient cruciale lorsque nous posons le délicat sujet des liens entre l’économie et la nature. Car, épuisant les ressources pour produire des richesses et les accumuler, tôt ou tard, la question de la répartition de ces dernières, et plus largement de leur partage équitable, se posera.

Que se passe-t-il alors quand animé de cet incompressible et incontrôlable sentiment de posséder, d’en vouloir toujours plus, même des choses dispensables, le surplus et l’incongru, nous devons penser à partager notre surplus avec ceux-là même qui en possèdent moins ?

C’est bien pourtant l’avenir qui se présente lentement et certainement à notre porte, celui de devoir choisir l’attitude à avoir face à une dégradation et un épuisement de la nature.

Face au manque, au dérèglement, à l’anarchie économique, il faudra choisir si nous sommes capables de dépasser nos soi-disant sacro-saintes théories financières pour partager et respecter les ressources issues de la Terre, respectant de la même façon notre semblable en trouvant les mécanismes adaptés pour que la production de richesses ne soit plus automatiquement liée à la production à outrance de biens et services, épuisant les forces de notre planète ;

Ou si, fataliste, désespéré, épuisé, nous nous abandonnons pieds et poings liés aux quelques-uns qui accumulent et exploitent à outrance notre Terre, sans honte, à des fins d’enrichissement personnel, les dernières gouttes d’énergie pour quelques dollars de plus. Car, ils imposeront par l’autoritarisme, sous la forme d’un unilatéralisme et une imitation démocratique, si nécessaire, leurs choix et restreignant de fait les libertés personnelles.

Notre destin se présente à nous, du moins j’ose l’espérer qui ne soit pas trop tard pour le soubresaut de dernière minute.

Mesurons-nous la gravité de ce qui arrive ? La conscience semble bien impuissante, ne pouvant à elle seule arrêter une mécanique qui broie toutes les initiatives pour la ralentir.

Cette fameuse mécanique administrative, de crédit, d’endettement, d’obligations construites n’ont aucune intention de se réduire pour laisser la planète reprendre son souffle.

Il faut par conséquent les décrire, les décoder et montrer les liens entre des phénomènes qui pourraient être considérés disjoints à première vue.

Cette tâche, qui n’intéresse personne, et dont peut-être « tout le monde se fout totalement », se présente comme un trésor qui sera autant d’explications, quand les moyens manquant, il faudra bien, malgré tout, s’organiser pour ceux qui resteront.

N’ayons pas peur, le chemin qui vient ne fait que commencer, il doit se défaire d’anciennes logiques qui ne juraient que par la richesse, pour retrouver un nouveau sens à ce dernier terme.

L’autoritarisme essaiera bien de s’imposer, c’est dans sa nature, mais il est dans la nature de l’Amour de triompher des aversions et des contretemps.

Le partage, comme un morceau de pain que l’on rompt en deux parts, apparait comme la voie la plus sage.

Elle demande d’être pensée, expliquée et matérialisée dans l’ensemble des corps de la société, de l’administration à l’économie, de la finance à la protection sociale ; comment par le partage, il est possible d’imaginer une société, abandonnant ses complexifications inutiles, pour le bien de tous et de la planète.

Tout commence….

samedi 7 avril 2018

Projet 1 : Etude Juridique

Proposition d’étude :

Prise en compte du Vivant
dans le développement économique

1- La loi universelle du vivant

  1. Au troisième jour, Dieu dit : « que la Terre produise de la verdure, de l’herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant des fruits selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre ». Dans la Genèse, la naissance du Vivant a une origine divine. Cette dernière reste commune à bien des traditions à travers le monde. La nature y est honorée comme la « Terre-Mère» ; et plus largement elle est remerciée pour sa générosité. Cette Nature, qui demeure, pourtant, le socle de notre existence, aujourd’hui, se trouve menacée.
  1. Nul besoin de faire dans ces propos introductifs état de tous les rapports des conséquences sur la Planète de l’activité économique humaine, tellement ce fait longtemps nié apparait, grâce aux travaux scientifiques, s’établir d’une façon indubitable.
  1. Cette exploitation et cette accaparation du vivant et de sa production par l’économie humaine se sont réalisées au nom du Droit.
  1. Cette surexploitation des Ressources cherche sa justification et son fondement, à travers notamment le droit de la propriété industrielle, les brevets, les concessions d’exploitation, les accords internationaux et les législations régionales (ADPIC, la directive 98/44 CE, …etc.), les taxinomies administratives (catalogues de variété, autorisations de vente…).
  1. Dans ce schéma, les sciences juridiques et administratives y ont une place prépondérante.
  1. Lorsqu’on lit sur ces sujets, pourtant, les premiers écrits fondamentaux que l’on y trouve pour l’essentiel, sont issus des philosophes, écrivains, économistes, militants écologistes, biologistes, généticiens écologues… et très peu de professeurs de droit (mise à part, bien sûr, Christopher D. Stone …). Il est possible toutefois de trouver çà et là, des analyses d’avocats qui défendent des militants mis en procès pour leur action.
  1. Cette absence néanmoins du juriste dans un débat de droit a, me semble-t-il, de quoi surprendre.
  1. Des concepts y sont pourtant développés, mais qui laissent la part belle à ceux-là mêmes qui ont un intérêt à ne surtout pas reconnaitre aux Vivants une personnalité juridique.
  1. Il y a un déficit réel d’une création conceptuelle dans l’analyse juridique fondamentale des enjeux sur le Vivant pour bien en comprendre sa structure et ses agencements. L’objectif serait pourtant de mettre sur pieds de nouveaux développements juridiques qui intègreraient le Vivant comme entité à part entière et globale, duquel l’humain fait partie.
  1. Nous verrions alors que bien des binarités utilisées pour qualifier juridiquement le vivant (exemple : naturel / technologique) apparaissent insuffisantes pour décrire la réalité contextualisée.
  1. Ce travail de la conceptualisation ne devrait pas être négligé et croire qu’il ne se fera qu’après des actions militantes car, il est possible, malheureusement, de constater que malgré la mise en garde d’un nombre grandissant de spécialistes et d’institutions sur la dégradation accélérée de la Nature, que les lignes pour préserver le vivant bougent très lentement, quand elles ne régressent pas.
  1. Le socle du droit fondamental n’a que peu bougé. Il y a eu pourtant beaucoup d’adossements de réglementations, de changements constitutionnels, sans pouvoir inverser le mouvement de dégradation de notre planète et de disparition des êtres vivants dont l’une des raisons reste que notre référence de droit demeure pour l’essentiel la même qu’avant l’apparition de l’écologie. De ce fait, les droits à l’exploitation ne sont à peu près jamais remis en cause.
  1. Il est venu le temps de mener à bien ce travail de structuration de ces mutations sociojuridiques sur la prise en compte du vivant dans l'économie.

La comparaison au service d’une connaissance

  1. L’enjeu demeure de comprendre les distinctions qui ont été émises dans le droit et les débats de société, les lignes qui ont bougées avec l’arrivée de l’écologie et de la société de l’information.
  1. Pour ce fait, il faudra bien évidemment revenir sur les grands tournants, les décisions de justice ou les débats qui ont entouré l’éclosion d’une directive sur la brevetabilité du Vivant.
  1. La binarité structure le droit bien qu’elle ne rende pas bien compte d’une réalité complexe. Sortir de ces binarités devient une nécessité pour mieux comprendre l’Humanité et la Terre trop souvent pensées comme deux entités séparées. L’urgence de leur rapprochement et d’une lecture systémique et coordonnée doit permettre d’en comprendre l’unicité et l’interrelation. L’analyse changera par la même notre regard, et permettra par la suite de définir différemment l’espace de droit, apportant un renouvellement des concepts sociojuridiques, dans leur approche, et une nouvelle lecture de notre société.
  1. L’enjeu à ce niveau demeure bien la mise en perspective d’une nouvelle façon de voir le vivant duquel l’homme fait partie intégrante, alors que bien des discours auraient pu faire penser le contraire.
  1. Le point de départ demande déjà d’être modifié pour lire différemment les jurisprudences, les arrêtés et décisions de justice.
  1. Il sera alors temps de lire les décisions de justice en matière de pollution, de construction, d’économie, de propriété pour mesurer l’absence du vivant dans le monde juridique et administratif dans lequel nous évoluons.
  1. Car, ce n’est qu’après bien des luttes que visiblement le simple fait d’une Nature existante à part entière a pu voir jour dans le discours.

Au fondement de la loi universel du vivant

  1. Il faut donc passer du discours au droit, et du droit à la loi, de la loi à l’esprit des lois, et apporter des réponses juridiques à des situations vues sous un nouvel angle.
  1. Cette étude se conçoit comme une base fondamentale grâce à laquelle il sera toujours possible d’y revenir pour défendre la Nature et revendiquer la place qui lui est due.
  1. Cette transversalité juridique apparaît de ce fait essentielle pour toutes institutions, groupements de personnes (ou d’une personne) qui seraient amenées un jour à défendre la Nature ou qui seraient touchées par une pollution. Son utilité me semble primordiale aussi dans la formation et la possibilité de participer aux différents débats politiques.

Proposition

  1. C’est pourquoi, brièvement exposé ci-dessus, je propose une étude sur le prise en compte du vivant dans le développement économique  ; aussi complexe que soit ce travail, je compte m’y employer grâce aux acquis multidisciplinaires (social, anthropologique, éducatif, économique ou juridique) que j’ai acquis au cours de ma longue formation.
  1. Ce travail mérite un cadre institutionnel, et j’appelle toutes les structures qui pourraient le porter, avec moi, de m’aider à sa réussite.